French poem
L'Eau Morte
A Charles Bourgault Ducoudray.
L'étang mystérieux dort parmi les bois sombres, Eau de solitude, eau de silence, eau de songe, Que le flot rose et blanc des bruyères prolonge; Parfois des oiseaux noirs glissent comme des ombres Entre les joncs tendus hors des sinistres ondes Tels que des glaives d'or aux mains de reines blondes; Et sous l'âpre soleil épars en rayons mornes Les nymphéas chassés des limpides fontaines Où boivent, à la nuit, les cerfs aux belles cornes, Attendent tristement les étoiles lointaines.