French poem
L'Homme
Non, demeure, Puisque la volonté de ton sort et du soir A mené tes pieds las vers le morne manoir Et vers l'hôte imprévu dressé devant ta face En qui ta voix a fait s'épanouir, vivace, Une fleur de jadis aux pistils oubliés. J'y consens: ô soleils abolis, flamboyez Encore, surgissez dans ma sombre mémoire En aube de suprême et cinéraire gloire Avant que cette chair s'engloutisse à jamais; Et toi, dolente ombre d'une ombre que j'aimais Et qui m'a refusé ses lèvres mensongères, Toi qui dormis sous des étoiles étrangères Des sommeils flagellés par l'âpre fouet du vent, Entre sans peur avec un sourire d'enfant Et l'ingénuité d'une âme puérile Dans la vieille maison où le hasard t'exile.