Versos French Pierre Quillard Paroles Sur La Terrasse

French poem

Paroles Sur La Terrasse

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A Puvis de Chavannes.

Des reines blanches inclinées Aux balustrades d'améthystes Pour fleurir la mort des journées Effeuillent des glycines tristes.

Fleurs plus brèves que les plus brèves, Vains thyrses que le vent spolie, Les noirs flots sans rives ni grèves Emportent leur cendre pâlie;

Et c'est le deuil d'un double automne, Soir du jour et soir des feuillées, Qui dévaste l'ombre et frissonne Dans les ramilles dépouillées.

Des pas glissent sur la terrasse; Une étoffe roide s'y froisse; Les voix que la nuit blême efface Tremblent d'adieux, meurent d'angoisse,

Et cygnes chassés de tout fleuve, S'en vont fébriles et blessées, Sans que la ténèbre s'émeuve Aux cris des âmes délaissées.

L'AUTOMNE A DÉNUDÉ...

L'automne a dénudé les glèbes et le soir, Un soir d'exil et de mains désunies, S'approche à l'horizon des plaines infinies, Roi dévêtu de pourpre et spolié d'espoir.

O marcheur aux pieds nus et las qui viens t'asseoir Sans compagnon, parmi les landes défleuries, Près des eaux mornes, quelles mêmes agonies Alourdissent ton front vers ce triste miroir?

Je le sais, tout se meurt dans ton âme d'automne. Laisse la nuit prendre les fleurs qu'elle moissonne Et l'amour défaillant d'un coeur ensanglanté,

Pour qu'après le sommeil et les ombres fidèles Les clairons triomphaux de l'aube et de l'été Fassent surgir enfin les roses immortelles.