Versos French Rabindranath Tagore Xliv

French poem

Xliv

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Pardonnez, mon révérend à deux pécheurs. Aujourd’hui les vents du printemps soufflent en tourbillons, balayant la poussière et les feuilles mortes, et avec elles vos leçons.

Ne dites pas, mon père, que la vie est vanité.

Car, pour un jour, nous avons fait trêve avec la mort et, pour quelques heures parfumées, nous sommes tous deux devenus immortels.

* * * * *

Si même l’armée du roi venait et furieusement se jetait sur nous, nous nous contenterions de secouer tristement la tête et de dire: «Frères, vous nous dérangez. Si vous voulez jouer à ces jeux bruyants, allez plus loin faire cliqueter vos armes. C’est seulement pour quelques instants fugitifs que nous sommes devenus immortels.»

* * * * *

Si des amis venaient nous entourer, nous les saluerions humblement et leur dirions: Cette bonne fortune nous met dans un grand embarras. Dans le ciel infini, la place est restreinte où nous demeurons. Car, au printemps, les fleurs pullulent et les ailes besogneuses des abeilles se frôlent. Ce petit ciel où nous demeurons seuls, nous deux immortels, est trop absurdement étroit.