Versos French Raoul Ponchon Aubade

French poem

Aubade

by (1848–1937)

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Ta délicieuse altesse  Veut-elle accepter mon bras ? Nous irons où tu voudras ; Tout avec toi m’est liesse ; Tu verras comme aujourd’hui Le ciel est épanoui Et plein de délicatesse.

Tout semble bon à manger ; Dans l’air amoureux et moite Quelques nuages d’ouate Floconnent, troupeau léger Qui traîne sa marche lente Sous la garde vigilante D’un invisible berger.

Ouvre tes claires mirettes, Mes deux étoiles du jour ; Et regarde tout autour De toi ces blanches fleurettes : On ne sait pas tout d’abord Si c’est de la neige encor, Ou déjà les pâquerettes.

C’est le Printemps. Ô printemps ! Aux tempes toujours fleuries ; Je l’entends dans les prairies Rire avec toutes ses dents, — Ô vieillard à barbe blonde, Aussi ridé que le monde, As-tu donc toujours vingt ans ?