Versos French Raoul Ponchon Idylle royale

French poem

Idylle royale

by (1848–1937)

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Elle était gironde Allemande et blonde. Il était giron, Natif de Belgique, Châtain, énergique, En somme, un luron.

Elle était princesse Et royale altesse Au pays saxon. On pouvait la croire, Avant cette histoire, Heureuse à foison.

Ah ! qu’on ne s’y fie ! Si déjà la vie Des cours est rasoir, À la cour de Saxe, L’ennui vous malaxe Du matin au soir.

Lui, professeur blême De sa langue même Était sans emploi Lorsque la personne Ci-dessus saxonne Lui dit : « Viens chez moi.

« J’ai depuis mes noces Trois ou quatre gosses ; Tu leur montreras La tienne de langue ; Encore qu’exsangue, Ça les distraira. »

Comme eût fait quiconque, Il accepta. Donque Dès le lendemain, Entré dans la place, Il faisait la classe Aux royaux gamins.

Bientôt la princesse À côté sans cesse Du beau professeur, Le prit pour son maître, Croyant reconnaître En lui l’âme sœur.

La petite fête N’eût été parfaite, Rapport à l’époux : « Oh ! partons, dit-elle Mon giron fidèle, Partons, voulez-vous ? »

« Mais, dit la sœur âme, Vos enfants, Madame …? » Elle répondit : « Ils ne sont point vôtres, Nous en aurons d’autres Faisons-nous crédit. »

Là-dessus ils firent Leur malle et partirent Sans longtemps moisir, Gagnèrent la Suisse, Seul coin où l’on puisse S’aimer à loisir.

Quant à sa couronne Future et saxonne, Madame s’en fout. Lui, s’en fout de même. Et moi, Dieu suprême ! Je m’en fous itou.