Versos French Raoul Ponchon On demande des jolies femmes

French poem

On demande des jolies femmes

by (1848–1937)

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S’il est quelques poupées Encore inoccupées Jusqu’à ce jour ici, Quelques jeunes personnes Mignottes et mignonnes Et bien faites aussi,

Il nous en faut quarante Pour la saison courante, À l’Alcazar d’Été. Que céans elles viennent, Et surtout se souviennent Du jour plus haut cité.

Venez, exquis modèles, Vous qui restez fidèles À la beauté du corps, Et qui de l’Art antique Conservez la plastique En vos divins records.

Venez, venez encore Vous qui de Terpsichore Écoutez les leçons ; Pas besoin de génie Pour la cérémonie : Nous vous en dispensons ;

Car tout Conservatoire Est superfétatoire. Pourvu que vous ayez Les deux jambes bien faites, C’est assez pour nos fêtes, Ainsi donc, vous voyez…

Venez, les bachelettes, Pas besoin de toilettes, Tout voile est inhumain. Femme comme statue Est encor trop vêtue D’une rose à la main.

Même un peu d’aphonie Serait en harmonie… Une femme, je crois, Muette comme souche Dès qu’elle ouvre la bouche A déjà trop de voix.

Surtout n’allez pas dire Avant de vous inscrire : « Mais nous ne savons rien, Nous ne savons rien faire… » — Rien faire ! bonne affaire ! Nous vous apprendrons bien.

Chez nous on le proclame : Ici-bas, une femme En sait toujours assez, Suffisamment excelle, Quand elle est jeune et belle, Comme bien vous pensez.

Et les différents hôtes Qui ne vous font pas faute Viendront jouir surtout De votre aimable vue Dans la nôtre Revue… Et puis !… un point, c’est tout.

Allons, brunes et blondes, N’en est-il plus au monde De vos minois fleuris, De vos jambes d’archange ? Ce serait bien étrange Puisqu’on est à Paris.

Encore un mot, j’ajoute : Je ne mets pas en doute Que chacune de vous Ne trouve son Messie : Un grand-duc de Russie Ou deux rajahs indous.