French poem
I
by René Pocard du Cosquer de Kerviler
Leve-toi, je te prie, amante de Céphale, Je dois voir aujourd'huy l'Astre de mon amour; Car, si tu ne le sçais, messagère du Jour, J'ay Philis pour maistresse, et la Cour pour rivale.
Elle est toute parfaite, elle n'a point d'égale: Les Grâces auprès d'elle ont choisy leur séjour, Et, parmi tant de feux qui brillent à l'entour, J'ay reçeu de ses yeux une atteinte fatale.
Ils m'obligent pourtant, au lieu de m'affliger; L'offence est favorable, et je ne puis juger Comme un si doux effort me fait vivre et me tüe.
Je me plais aux douleurs que mon âme en ressent, Et pardonne à Philis le mal que fait sa veüe, S'il est vray que son coeur n'en soit pas innocent.