French poem
04 (La fin d’un jour d’été. Le…)
by Renée de Brimont (1880–1943)
La fin d’un jour d’été. Le ciel mauve est sans pli. — De dociles roseaux qu’un souffle à peine frôle… Des brumes qu’une fée attache à son épaule… Un silence de paix, de tendresse, d’oubli… Une onde paresseuse et la grâce d’un saule…
Je suis des yeux cette eau dont le ruban glacé Semble, à travers les prés, une couleuvre lente ; Cette fluidité magique, transparente, Où l’heure, en déclinant, a pour moi nuancé De vains reflets d’argent, d’azur et d’amarante…
Et mon rêve, guidé par le fil du courant, S’éloigne… et puis s’éloigne encore… Je suppose Par-delà l’horizon teinté d’un peu de rose, Les chemins fabuleux, les beaux chemins que prend Toute source limpide en ses deux rives close !
Je suppose à loisir l’étrangeté des ciels, Les nocturnes soleils parés de sortilège Et les mornes sapins tout ruisselans de neige Qui se mirent, figés et comme artificiels, Dans la virginité des ondes de Norvège…
J’imagine l’Écosse humide aux gazons frais… La Hollande : un moulin sur des eaux pudibondes… Une nixe du Rhin coiffant ses nattes blondes Avec le peigne pris aux gnomes des forêts Quand passe un voyageur sur la vague profonde…
Je découvre les flots sauvages, les torrens Qui murmurent au fond des gorges de Bohême… Et la verte « Donaù » plus ample qu’un poème… Et ces pâles ruisseaux où va boire en pleurant, Dans les légendes d’or, la princesse qu’on aime !…
Je vois les doux, les purs, les délicats matins Se baignant aux bassins d’Espagne et d’Italie… Les fontaines de Rome et leur mélancolie… Les lourds soleils couchans sous des roses éteints Que reflètent les yeux pleurans de Castalie…
Car la Grèce m’accueille où l’onde n’a chanté Que pour des chevriers, des dieux et des poètes, La Grèce où, dénouant ses triples bandelettes, Une nymphe lavait la belle nudité Des chevilles d’Athène au front de violettes !
Je vais plus loin… plus loin… Il me souvient encor Et du Gange opulent, et des fleuves de Chine, Et des jaunes rameurs ployant leur maigre échine ; Et des soirs d’Assouan, et des nuits de Louqsor… Mes rêves font le tour du monde : j’imagine !…
— Or, me voici captive au bord d’un filet d’eau, Un mince filet d’eau dans un jardin de France. … Des roseaux balancés avec indifférence… Une ombre qui s’allonge ainsi qu’un lent rideau… Un saule échevelé qui frémit en silence…
Toute lueur évoque un paradis perdu, La brume qui s’étend forme de blancs sillages, Et j’ai, lasse d’errer de voyage en voyage, À mes songes lointains peu à peu confondu Ces brouillards cotonneux et ces penchans feuillages…
AU BORD DE L’EAU
— Étang de nacre et de jade, De topaze et de béryl ; Étang grave et puéril, Indifférent et maussade ;
Pâle et luisant à la fois De multiples influences, Étang, j’ai dans vos nuances, Un à un, plongé mes doigts.
Les froids baisers de votre onde Me pénètrent lentement… O fluide diamant, Caresse chaste et profonde !
O douceur, ô volupté Merveilleuse et délicate ; Reflets de perle ou d’agate, De l’eau morte et de l’été !…
⁂
L’heure est chaude, pesante, moite… Des nymphéas à demi clos Dorment sur l’étang qui miroite… Je suis couchée au bord de l’eau.
Dans sa dédaigneuse indolence Un cygne me frôle en passant… — Prescience intime, silence Inquiet, obscur et puissant !
L’orage est proche… Des corolles Inclinent leurs fronts courbatus ; Dans les saules aux branches molles, Soudain les oiseaux se sont tus ;
Et c’est une torpeur trop forte Que parfois nous verse l’été, Car toute chose est comme morte, Et le jardin comme enchanté !
…Sur l’étang de nacre et de jade Les blancs nymphéas se sont clos… — Mon âme orageuse et malade, Je n’irai plus au bord de l’eau.
⁂
— Soleil, soleil, vous dispersez A travers les rameaux blessés Par l’Automne aux rigueurs naissantes Vous dispersez votre trésor, L’essaim muet des guêpes d’or Lumineuses et frémissantes.
Soleil, vous dont l’Aube a rêvé, Pour vous accueillir, j’ai levé Mes mains en forme de corbeille ; Vous glissez le long de mes doigts… Sur le sable, à mes pieds, je vois L’ombre mince qui m’est pareille.
Je vous offre tout ce que j’ai, Soleil, — le jardin négligé, Le mur vêtu d’un lierre triste, La vigne où pend un raisin noir, Et la terrasse, et ce miroir, — L’étang d’opale et d’améthyste !
Parmi les nymphéas déclos, Jouez, soleil, jouez dans l’eau Que ride une brise, au passage… Jouez I Ce miroir est à moi, Et j’irai voir dans son œil froid, Nimbé du vôtre, mon visage !
REFLETS DANS L’EAU
Étendue au seuil du bassin, Dans l’eau plus froide que le sein Des vierges sages, J’ai reflété mon vague ennui, Mes yeux profonds couleur de nuit Et mon visage.
Autour de moi dansaient, légers A travers les blonds orangers, De vains atomes… Mes doigts souples demeuraient joints : Il me semblait venir de loin, Comme un fantôme !
Or, dans ce miroir incertain, J’ai vu de merveilleux matins… J’ai vu des choses Pâles comme des souvenirs, Dans l’eau que ne saurait ternir Nul vent morose.
Alors — au fond du Passé bleu — Mon corps mince n’était qu’un peu D’ombre mouvante ; Sous les lauriers et les cyprès, J’aimais la brise au souffle frais Qui vous évente…
J’aimais vos caresses de sœur, Vos nuances, votre douceur, Aube opportune ; Et votre pas souple et rythmé, Nymphes au rire parfumé, Au teint de lune ;
Et le galop des aegypans, Et la fontaine qui s’épand En larmes fades… Par les bois secrets et divins J’écoutais frissonner sans fin L’Hamadryade !
J’aimais la ruche aux larges flancs, Le chant des abeilles, les blancs Troupeaux de chèvres ; Avec le miel ensoleillé, L’acre saveur du lait caillé Monte à mes lèvres !
Dans l’ombre molle qui consent, J’ai parfois sucé votre sang, Grenades mûres ; Et pour mes cheveux j’ai mêlé Des fleurs, des pampres et des blés A des ramures…
— O cher Passé mystérieux Qui vous reflétez dans mes yeux Comme un nuage, Il me serait plaisant et doux, Passé, d’essayer avec vous Le long voyage !…
Si je glisse, les eaux feront Un rond fluide… un autre rond. Un autre à peine… Et puis le miroir enchanté Reprendra sa limpidité Froide et sereine.
LE MÊME INSATIABLE ET MERVEILLEUX TOURMENT…
Le même insatiable et merveilleux tourment Vous emporte vers trop de choses !… — Reposez-vous, mon cœur, ne fût-ce qu’un moment ; Ce soir je suis faible, morose…
Après avoir goûté l’allégresse du jour Dans sa lumière forte et rude, Ce soir, il faut goûter, mon cœur, au philtre lourd D’une émouvante lassitude !
Il faut tout oublier : les yeux qui ne sont plus, Les heures trop tôt épuisées, Les délicats matins, les soirs irrésolus Sous leur écharpe de rosée ;
Les jardins bourdonnans au vol d’or des frelons, Les lis purs comme des reliques, Et les pas dans la brume, au bord des eaux, le long Des peupliers mélancoliques…
A quoi bon tant aimer le beau front nébuleux Des bois visités par la lune ; Les roses nymphéas des pâles étangs bleus Où vont des feuilles, une à une…
Et le silence, et l’ombre, et le soleil de mai Qui fait luire les toits d’argile ; Et le vol des palombes blanches, mieux rythmé Que le vol d’un rythme fragile !
A quoi bon s’arrêter au charme périlleux D’une harmonie ample et sonore, A des mots frémissans qui laissent après eux Beaucoup plus de détresse encore ;
Que sort de désirer d’un désir si fervent La ramure la mieux fleurie ? A quoi bon ! Tout au monde, hélas ! est décevant, Et je suis faible, endolorie…
Reposez-vous, mon cœur, d’avoir battu trop fort Pour des rêves, pour des chimères, Qui, derrière le masque, ont l’aspect de la Mort Sur un lit de cendres amères !
Ah ! Mensonges, reflets trompeurs, jeux de miroir, Illusions et folles courses ! Ce soir, écoutez-moi, — n’écoutez pas, ce soir, Le bondissant appel des sources !
N’écoutez pas le souffle amoureux et léger De la nuit apprêtant ses voiles… Du chant des rossignols demeurez protégé, Et des yeux tendres des étoiles ;
Et de l’écho muet des désirs, des aveux, Des souvenirs, — perfides baumes… Restez sourd, ô mon cœur, à la lampe qui veut Que l’on veille avec les fantômes !
Reposez, reposez, ne fût-ce qu’un moment, Dans l’indifférence des choses… Mais le don de sentir, ce merveilleux tourment, Meurt et renaît de mille causes ;
C’est un vin que les dieux composent à leur gré Pour nos cœurs débordans et vides, Et dont vous resterez à jamais altéré Comme l’urne des Danaïdes !
LES OMBRES
Fantômes légers, vains et fluides corps Devinés à peine, O vous qui parlez avec la voix des Morts, Cette voix lointaine… Lorsque vient la nuit, la donneuse de paix Et de solitude, Vous m’apparaissez — et je vous reconnais Avec certitude. Je vous vois surgir comme à pas de velours De l’alcôve sombre ; Parfois vous chassez le vol d’un rêve lourd, O fragiles Ombres !
Vous touchez mon front, mes cheveux dévoilés, Mes paupières closes, Et je vous écoute, et vous me rappelez De très vieilles choses, — Car c’est du Passé, des souvenirs secrets, Des lèvres fanées, C’est de mes désirs et c’est de mes regrets Que vous êtes nées ! — Ombres, vous gardez mes plus chères amours, Mes fleurs les plus rares, Et la cendre fine et chaude de mes jours, Dans vos doigts avares ; Tout ce que j’ai fait, tout ce que j’ai voulu Des heures trop brèves, Vous l’avez pesé… Seules, vous avez lu Le feuillet des rêves !… Oui, vous savez tout, Visiteuses de nuit, Et je vous redoute, Et sans vous, pourtant, je n’aurais nul appui Sur l’hostile route ; J’irais devant moi vers l’avenir diffus Sans but et sans bible, Si vous n’attachiez à tout ce que je fus Des fils invisibles ! — Ombres, guidez-moi hors des vagues chemins, Loin des rives pâles… Je ne vous crains plus, je vous tends mes deux mains, Ombres sororales ; Votre voix ressemble au murmure des Morts Dont le rythme berce… Fantômes légers, vains et fluides corps Qu’une voix disperse !
PASSÉ, DORMEZ EN PAIX…
O Temps, suspendu ton vol, et vous, heures propices, Suspendez votre cours !…
Passé, dormez en paix dans le linceul des cendres ! Je ne livrerai point de regrets superflus Aux défuntes douceurs, aux choses qui n’ont plus Ni regard, ni chaleur, ni grâce neuve et tendre ; Je ne reviendrai point aux feuillets déjà lus, A la vague sans fond qu’entraîne le reflux…
Que nous sert, puisque rien ici-bas ne demeure ! L’aile sombre du Temps glisse, désigne, effleure… Emporte ! Et c’est l’abime insondable des heures.
Or, la vie est un flot merveilleux et divin, Profond comme la mer, grisant comme le vin, Un large flot mouvant que nulle main n’entrave ! Elle va, sourde, aveugle, ouvrant les faibles doigts Qui retenaient encor les songes d’autrefois… Elle va, torrent fol où dansent des épaves, Dénouant les liens, assourdissant les voix, Brisant et dispersant, tels des fétus de paille, L’esquisse et le serment, le marbre et la muraille !
Et de vous, ô Passé, monte un muet murmure… Dormez, dormez en paix. Ce monde où rien ne dure, Où rien ne nous séduit qui ne soit décevant, Ce monde fugitif, ce monde n’est vivant, Et ne vaut ce qu’il vaut, et n’a d’étrange charme, Que parce qu’un sourire est proche d’une larme.
Or, sachant désormais ce que vivre a de prix, Il ne me restera de crainte ou de mépris Pour nul chant passager, pour nulle brève joie ; Mes yeux seront émus, mes yeux seront épris Du nuage enroulé dans sa traîne de soie…
Je veux n’aimer le jour que de pourpre blessé ! — Molle branche du saule où s’accroche la brise, Rose blonde au front lourd dont le blond s’harmonise A la fragilité d’un vase de Venise ; Visage, bleu reflet par un souffle effacé, Cher amour périlleux sans trêve menacé,
Je veux, si mes désirs, mes rêves, mes chimères, Pêle-mêle entraînés dans l’éternel courant Se perdent à jamais sur des plages amères, Je veux n’avoir pas dit aux heures éphémères De suspendre pour moi leur vol indifférent !…
Adossée au rocher, fluait une fontaine… Lasse du chaud midi, de ma course lointaine, Et séduite déjà par l’appel murmurant, J’avançais, — quand je vis, penché sur le courant, Un enfant demi-nu, plus souple qu’un arbuste. L’enfant riait. Ses bras, ses frêles bras robustes Portaient une chevrette… Or, devant ce tableau Rustique, en écoutant les murmures de l’eau, Du jeune André Chénier j’évoquai la mémoire, — Le Chénier de seize ans qui, s’arrêtant pour boire À quelque source en pleurs de notre Languedoc, Vit s’enfuir une nymphe, et grava sur le roc : « Fons est ille Deis sacratus. » Je suis sûre Que, séduit comme moi devant ce froid murmure, Ce petit pâtre grec et ce chevreau bêlant, Un jour de grand soleil, au bord d’un chemin blanc, Il les eût célébrés sur la cadence agile Avec les pipeaux d’or que lui prêtait Virgile !
André Chénier !… Son nom bruit tel un rameau Balancé par les vents de la côte latine ! — Ma mère, d’une voix nuancée, en sourdine, Me faisait réciter naguère, mot à mot, Les strophes de « Myrto, la jeune Tarentine… »
Elle m’avait conté qu’il était né très loin, Là-bas, dans Galata que baigne le Bosphore ; Que sa mère chantait aux sons d’une mandore, Sous un voile embaumé de musc et de benjoin, À l’heure merveilleuse où le couchant se dore…
Qu’il jouait tout enfant dans un jardin fermé, Près du jet d’eau fluet des bassins de porphyre ; Qu’à l’ombre d’un figuier, il apprenait à lire… — Et moi, j’appris ainsi, Poète, à vous aimer À travers le passé, le soleil et la myrrhe !
Je connais aujourd’hui l’écolier studieux Découvrant le Platon, ravi par l’Odyssée… Car déjà, vous pliant à rythmer la pensée, De cet amour du Beau qu’élaborent les dieux, Vous sentîtes votre âme obscurément blessée !
Des vers inachevés comme votre destin Tombaient de votre plume en cadences soudaines ; Aux amis préférés, Pange, Fondat, Trudaine, Vous les lisiez, parfois, — ce furent, incertains, De naissans papillons essayant leurs antennes…
Plus tard, j’ai rencontré le pèlerin fervent Que possède sans doute une belle folie Le long des clairs chemins de Suisse et d’Italie ; Vous alliez, tête haute et les cheveux au vent… Je vous faisais le don de ma mélancolie !
Avec vous, j’ai compté les étoiles au ciel Et les flots alanguis du golfe de Sorrente ; Sur l’horizon passaient quelques barques errantes… Des femmes à la taille souple, au teint de miel, Vous offraient en riant leurs fiasques odorantes.
Vous aimiez faire halte aux margelles des puits, Cueillir ces fruits plus doux que la mangue des îles ; Dans la paix qui s’allonge au pied des campaniles, Il vous plaisait rêver les lumineuses nuits Et les tendres matins de Crète et de Sicile…
Puis vous avez quitté l’Italie, et les yeux Charmés, et le parler musical de ses filles, Pour les yeux de la « fille d’Arno, » pour Camille, Pour la pure Fanny des soirs harmonieux Que Versailles abrita sous de molles charmilles ;
La Muse du Plaisir et celle de l’Amour, Voluptueusement vous portaient dans leurs ailes… Mais vous serviez encore une Muse plus belle : La Liberté, prenant votre lyre à son tour, L’a su faire vibrer sur des cordes nouvelles !
C’était à l’heure trouble où craquaient les remparts Et les donjons des places fortes ; Où, sur notre vieux sol miné de toutes parts, Montaient de farouches cohortes… La Liberté, Chénier ! D’innombrables courroux L’appelaient comme une revanche, Mais nul n’aura rêvé plus ardemment que vous De sa chaste poitrine blanche ; Et lorsque, la voyant au milieu du danger Se voiler, dédaigneuse et pâle, Fidèle, vous avez bondi, pour protéger Du moins sa robe virginale ! À ceux-là qu’entraînaient toutes les passions Vers le meurtre et vers la ruine, Vous avez répondu par l’indignation Qui vous soulevait la poitrine ; Ceux-là, vous les avez maudits, marqués au front. Mais voici que dans leur délire Ils ont imaginé le douloureux affront De vouloir briser votre lyre ! Oui, captif, savourant l’injustice du sort, Il fallait que vos mains amères Arrachassent enfin l’azur, la pourpre et l’or Dont vous revêtaient les Chimères… Hélas ! Dans l’ombre affreuse où s’étouffent les pas, Coulaient parfois de fières larmes, Et mon cœur a suivi, jour à jour, des combats Où vous étiez seul et sans armes ; Et pourtant, ces pamphlets vengeurs, ce beau défi Que vous leur lanciez à la face, Tous ces rythmes fiévreux, poète, auront suffi, Car nulle mort ne les efface.
Paris, gorgé de sang, a vu passer un soir Le condamné sur sa charrette, Et Paris ignorait qu’un glorieux espoir Tombait avec sa jeune tête… Vos cendres, ô Chénier, vos cendres ont frémi De cet indifférent blasphème, Mais votre tombe, alors, s’est ouverte à demi, Laissant échapper un poème ! Nous l’avons recueilli. — Les ruches, les vergers, Bruissaient du vol des abeilles ; Au bord de l’Ilyssus dansaient les bruns bergers Et les porteuses de corbeilles… Et nous avons chanté ce regret tendre et vain, Mélodieux, triste et sonore : « Mon beau voyage encore est si loin de sa fin… « Je ne veux pas mourir encore !… »