Versos French Robert de Bonnières Les Trois Petites Princesses

French poem

Les Trois Petites Princesses

by (1850–1905)

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COMMENT TROIS BONNES FEES FIRENT TROIS BEAUX DONS A TROIS PETITES PRINCESSES

Trois filles d'un Roi sarrazin, Le même jour, furent priées Et le même jour mariées Aux trois fils d'un Prince voisin. Elles eurent mêmes grossesses: Au bout de neuf mois mêmement, Il leur naquit, pareillement, Trois petites princesses. Le Roi maure, dit le Conteur, Fit proclamer leur délivrance En Inde, en Perse et jusqu'en France, Et dépêcha son enchanteur Auprès de trois gentilles Fées Qui, dans trois chars tendus d'orfrois, Se présentèrent toutes trois, D'aurore et de lune attiffées. Après qu'il fut fait maint salut Et que luth et lyre eurent cesse, Chaque Fée à chaque Princesse Fit le plus beau don qu'il lui plut.

A sa Princesse, la Première Donna pour don qu'elle serait Faite comme elle, trait pour trait, Et plus Belle que la lumière.

--«Bien que soit richesse en honneur Chez les mortels, dit la Seconde, Mon don n'est perle de Golconde Mais belle perle de Bonheur.»

Vint la Troisième.--«Il est encore, Dit-elle, un don plus précieux!» En couvrant l'enfant jusqu'aux yeux D'un suaire tissé d'aurore. En faisant ce don, elle était Si bonne, si douce et si tendre, Qu'on ne se lassa pas d'attendre Le grand bien qu'elle promettait. Grand bien n'est pas ce qu'on présente Souvent pour tel; car là, tout beau! On mit la petite au tombeau, Qui mourut à l'aube naissante.