French poem
Les parfums dans l’air mol s’exaltent : il a plu
by Robert de Montesquiou (1855–1921)
Les parfums dans l’air mol s’exaltent : il a plu. L’air est plein de vapeurs qu’un crépuscule bleute. La lutte aérienne indécise est de Goethe, Dont les Affinités électives m’ont plu.
Un noble souvenir du livre qu’on a lu Est un mystérieux et puissant thérapeute ; En nous, notre mémoire, apaisant son émeute, Comme Mademoiselle, est grand hurluberlu.
Tant d’augustes beautés que ce lieu réalise N’ont que peu de témoins. On dirait une église Sans fidèles : son rite est pourtant fabuleux,
Lorsque, pour quelques gens nés à Philadelphie, Dans cette solitude et ce silence bleus, Mélodieusement, Philomèle solfie.
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