Versos French Saint-Amant L’Enamouré

French poem

L’Enamouré

by (1594–1661)

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Pardieu ! j’en tiens, c’est tout de bon, Ma libre humeur en a dans l’aile, Puis que je prefere au jambon Le visage d’une donzelle. Je suis pris dans le doux lien De l’archerot idalien. Ce dieutelet, fils de Cyprine, Avecques son arc my-courbé, A feru ma rude poitrine Et m’a fait venir à jubé.

Mon esprit a changé d’habit : Il n’est plus vestu de revesche ; Il se r’affine et se fourbit Aux yeux de ma belle cheyesche. Plus aigu, plus clair et plus net Qu’une dague de cabinet, Il estocade la tristesse, Et, la chassant d’autour de soy, Se vante que la politesse Ne marche plus qu’avecques moy.

Je me fay friser tous les jours, On me releve la moustache ; Je n’entrecoupe mes discours Que de rots d’ambre et de pistache ; J’ay fait banqueroute au petun ; L’excès du vin m’est importun : Dix pintes par jour me suffisent ; Encore, ô falotte beauté Dont les regards me deconfisent, Est-ce pour boire à ta santé !