French poem
À mademoiselle Éliza-Wilhelmine
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Puisqu’à tout coup sa vive raillerie S’échappe et brille en gai pétillement, Puisqu’un lutin de grâce et de féerie Toujours dérobe un coin de sentiment ;
Puisqu’amusés par ce propos charmant, D’elle on ne voit ce qui rêve ou qui prie, Et qu’à tous yeux cette gaieté chérie Soir et matin fait un déguisement,
Ô Poésie, ouvre-nous le mystère : Fais-lui trahir ce que son cœur veut taire, Ses hauts instincts, cette fois non railleurs,
Quand vient la Nuit comme une sœur voilée, Et qu’en silence à la voûte étoilée Monte son rêve, et que tombent ses pleurs !