French poem
À mademoiselle Frédérique
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Pour qu’en parole, en vers mélodieux, De sa jeune âme à la forme si belle Un chant s’exhale, il lui faut, nous dit-elle, Tristesse au cœur et des pleurs dans ses yeux,
Il faut que Celle à qui l’azur des cieux Dès le berceau colora la prunelle, Et qui répand le bonheur autour d’elle, Ressente moins ce qu’on lui doit le mieux.
Oh ! s’il est vrai, sur sa lèvre si pure, Ô Poësie, arrête ton murmure ; Vers et soupirs, n’en soulève plus un.
Comme une abeille encore ensommeillée Que la rosée odorante a mouillée, Dors au calice, ou ne sois qu’un parfum !