French poem
« Ces beaux petits cheveux aux doux flots ondulés »
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Ces beaux petits cheveux aux doux flots ondulés, Rebelles à la main, à l’ongle qui s’y joue, Qui veulent s’échapper tout le long de la joue, Oh ! laissez-les courir, oh ! laissez, laissez-les !
Tout frisés par nature et d’un tour fin roulés, Sans qu’un réseau les serre ou qu’un ruban les noue, Oh ! laissez-les ainsi, la grâce les avoue ; Pétrarque les eût dits crépés ou crépelés.
Telle sur la colline, aux sources de Vaucluse, La fontaine en courant, la Nymphe qui s’amuse Laisse parfois un flot s’enfuir hors de son lit ;
Ou telle, au pied des monts, votre aimable Corrèze Oublie à travers champs, dans les fleurs ou la fraise, Quelque frais ruisselet dont le pré s’embellit.
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