French poem
J’ai vu le Pausilype
by Sainte-Beuve (1804–1869)
J’ai vu le Pausilype et sa pente divine ; Sorrente m’a rendu mon doux rêve infini ; Salerne, sur son golfe et de son flot uni, M’a promené dès l’aube à sa belle marine.
J’ai rasé ces rochers que la grâce domine, Et la rame est tombée aux blancheurs d’Atrani : C’est assez pour sentir ce rivage béni ; Ce que je n’en ai vu, par là je le devine.
Mais, Ô Léman, vers toi j’en reviens plus heureux ; Ta clarté me suffit ; apaisé, je sens mieux Que tu tiens en douceurs tout ce qu’un cœur demande ;
Et Blanduse et ses flots en mes songes bruiraient, Si j’avais un plantage où, le soir, s’entendraient Les rainettes en chœur de l’étang de Champblande !