Versos French Sainte-Beuve Le matin en été

French poem

Le matin en été

by (1804–1869)

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Le matin, en été, tout joyeux tu t’éveilles ; L’aurore a lui ; tu sors : te voilà par les prés ; La rosée à plaisir les a désaltérés ; Tu cours les papillons et tu suis les abeilles !

Et t’épanouissant aux faciles merveilles, Tu t’inquiètes peu si les cieux déchirés Ont versé, dès minuit, sur les champs dévorés Des larmes que l’aurore a refaites vermeilles.

Calme, heureux au matin, ainsi se montre un cœur. À ce front embelli, la flamme ou la langueur Te charme : sais-tu bien quelles nuits l’ont payée,

Quelles nuits sous l’orage, en pleurant ou priant ! À ton regard léger le sien parait brillant : C’est qu’une larme amère est à peine essuyée !