Versos French Sainte-Beuve Sonnet de sainte Thérèse

French poem

Sonnet de sainte Thérèse

by (1804–1869)

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Ce qui m’excite à t’aimer, Ô mon Dieu, Ce n’est pas l’heureux ciel que mon espoir devance, Ce qui m’excite à t’épargner l’offense, Ce n’est pas l’enfer sombre et l’horreur de son feu !

C’est toi, mon Dieu, toi par ton libre vœu Cloué sur cette croix où t’atteint l’insolence : C’est ton saint corps sous l’épine et la lance, Où tous les aiguillons de la mort sont eu jeu.

Voilà ce qui m’éprend, et d’amour si suprême, Ô mon Dieu, que, sans ciel même, je t’aimerais ; Que, même sans enfer, encor je te craindrais ! Tu n’as rien à donner, mon Dieu, pour que je t’aime ; Car, si profond que soit mon espoir, en l’ôtant, Mon amour irait seul, et t’aimerait autant !