French poem
« Sous un souffle apaisé quand rit la mer sereine »
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Sous un souffle apaisé quand rit la mer sereine, Tout mon cœur s’enhardit, et pour l’humide plaine La terre est oubliée : ô mer, je viens à toi ! Mais qu’un grand vent s’élève et réveille l’effroi, Que l’écume du flot blanchisse et fasse rage, Tout mon amour alors se reprend au rivage ; Je ne veux que les bois, et l’ombre et les gazons : Le pin, par un grand vent, rend encor de doux sons. Pêcheur, que je te plains, dans ta nef pour demeure, Chassant ta proie errante au péril de chaque heure ! À moi le bon sommeil sous un platane épais ! À moi les jours couchés au sein d’un antre frais, Et la source au long bruit, qui, roulant sous la voûte, Charme et ne peut troubler le pasteur qui l’écoute !
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