French poem
« Triste, loin de l’Amie, et quand l’été décline »
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Triste, loin de l’Amie, et quand l’été décline, Quand le jour incliné plait à mon cœur désert, Sans un souffle de vent, sous un ciel tout couvert D’où par places la pluie échappait en bruine,
Je sortais du taillis au haut de la colline : Soudain je découvris comme un sombre concert De la nature immense : avec un dur flot vert La rivière au tournant, d’ordinaire si fine ;
Et tous les horizons redoublés et plus bleus Fonçaient d’un ton de deuil leur cadre sourcilleux ; Les bois amoncelaient leurs cimes étagées ;
Et la plaine elle-même, embrunissant ses traits, Au lieu de l’intervalle et des longues rangées, Serrait ses peupliers comme un bols de cyprès.
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