French poem
« Tu te révoltes, tu t’irrites »
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Tu te révoltes, tu t’irrites, Ô mon Âme, de ce que tel Ne comprend pas tous tes mérites Et met ton talent sous l’autel ;
Tu t’en aigris ! mais, Âme vaine, Pourquoi, d’un soin aussi profond, N’es-tu pas prompte à tirer peine De ce que d’autres te surfont ;
De ce que tout lecteur sincère, Te prenant au mot de devoir, Te tient en son estime chère Bien plus que tu sais ne valoir ?
Oh ! plus sage, mieux attristée, Tu souffrirais amèrement De la faveur imméritée Plus que de l’injure, estimant
Que dans cette humaine monnaie Ton prix encore est tout flatteur, Et que bien pauvre est la part vraie Aux yeux du seul Estimateur !
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