French poem
Une Mendiante
by Stanislas de Guaita (1861–1897)
Mendiante pâlote au minois de gamin, Maigre enfant si câline à tous, enfant si pleine De nonchaloir, avec tes yeux de porcelaine Riant sous leurs longs cils, sans souci de demain,
N’as-tu pas, en tous lieux tendant à tous la main, Laissé, (comme un mouton perdu sa blanche laine,) Les lambeaux de ta jupe aux buissons de la plaine, Le duvet de ta joue aux baisers du chemin ?
N’importe !… Tu parais, dans ta beauté gracile, La Vénus en haillons des campagnes — facile Au rire d’or, au somme en plein air, à l’amour !…
— Eh, Toinon, voudrais-tu de l’empire du monde, S’il te fallait quitter — fût-ce un mois, fût-ce un jour — Ta vie au blond soleil, quêteuse et vagabonde ?