Versos French Stuart Merrill Ronde

French poem

Ronde

by (1863–1915)

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Dedans la clairière du bois Des fillettes dansent la ronde, La brune liée à la blonde Et chantant de toutes leurs voix.

La brune, la blonde et la rousse, Dans la ronde où luisent leurs yeux, Se donnent des baisers joyeux En foulant des sabots la mousse,

Se donnent, peureuses un peu, De bouche rouge à bouche rose Qui sentent la fraise et la rose, Les baisers innocents du jeu.

Trébuchant en chutes soudaines, Leurs mollets bruns et blancs à l’air Elles chantent après l’hiver Marguerites et marjolaines.

Petites filles de l’avril, Savez-vous, Lise et Laure et Guitte, Que la plus belle fleur meurt vite D’un simple baiser puéril ?

Danseuses en robes de laine, Mourra-t-il un jour sur le pré, Celui que vous aurez sacré Compagnon de la marjolaine ?

Hélas ! sans me répondre mot, Vous faites, la blonde et la brune, Une révérence à la lune, Dont pâlit mon ami Pierrot.