Versos French Stuart Merrill Retour

French poem

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by (1863–1915)

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Cher village aux toits rouges qui fument, Ce soir, dans la douceur de la brume, Nous revenons à l’appel du clocher Qui éparpille ses oiseaux légers Dans le val au bord de cette rivière Où jadis, à genoux, nous bûmes L’oubli de la vieille amertume.

Pélerins de la ville étrangère, Nous demandons l’aumône de la paix À ton enclos dont les ombreux cyprès Longent la route où se taisent les enfants, À tes maisons où s’endorment les vieux Quand les gas et les filles sont aux champs, À tes bois où nous sûmes le mieux Que la terre est bonne comme une mère.

Et l’heure est celle de la prière.

Nous avons cru à la promesse des villes Comme les fous que nous fûmes. Mais les hommes Ont ri de nos naïfs espoirs, et nous sommes Plus sages à cause qu’ils furent vils. Nos pas las ont assez butté — Que de nuits et de nuits ! — aux pavés Des sept carrefours où la Folie Siffle à lèvres gonflées dans ses flûtes. Mais à cette heure oublions que vous voulûtes, Seigneur, que notre coupe fût lourde de lie.

Ici la rivière coule pour nous, Limpide comme un rêve de vierge, Sous les saules qui pleurent sur ses berges Et les nénuphars qui tremblent à ses remous. Fille des lointaines fontaines, Elle chante en la solitude des plaines Où l’ombre est sonore de clarines, Le retour des troupeaux à leurs toits Tapis sous la mousse et la chaumine.

Ô sœur, à genoux, et abreuve-toi D’abord, puis, dans la coupe pâle de tes mains Laisse-moi boire l’onde froide de l’oubli.

Le son des cloches va mourir dans la nuit, Et les oiseaux soucieux de demain Revolent sous la lune à tire d’aile Vers le clocher, et même la rivière Semble lente du sommeil de la terre.

Crie, ô sœur, au village fidèle Que nous revenons, tels que nous fûmes, Vers ses toits rouges épars dans la brume.

Ah ! l’oubli de la vieille amertume !