French poem
Vers orphiques
by Stuart Merrill (1863–1915)
Dans les ténèbres du tabernacle Retentit la lyre tétracorde Que la main de la Sibylle accorde Aux rafales du suprême oracle.
Les paroles de l’Ode, en tonnerres, Tourbillonnent du sommeil du gouffre Où la Mère éternellement souffre Au bord des sources originaires.
« Mort le serpent qui cerclait la terre Dans l’arbre mort des métamorphoses ! L’Esprit pur, hors du cycle des choses, S’essore vers le nouveau mystère ! »
Or voici que, surgis de l’éclipse, Les archanges, marchant sur les astres, Fanfarent, au fracas des désastres, L’heure rouge de l’Apocalypse.
Et tandis qu’au rouet des pâles Nornes Le fil d’or et de cuivre se casse, La voix de la Sibylle trépasse Au galop des célestes Licornes.