French poem
Primeur
Tandis que les voix du foyer Murmurent pour vous égayer Et que le feu brille dans l’âtre, Déjà, fugitif et discret, Derrière la vitre apparaît Le rire du Printemps folâtre.
Impatient, avec raison, De nous donner sa floraison, Voyez ! on dirait qu’il s’ennuie De ne pas prendre son essor, Et qu’il montre ses ailes d’or Encor frissonnantes de pluie.
Ô douce mère ! c’est pour toi Que cette Nature en émoi Fait trêve à sa longue paresse, Et, complice de ton rimeur, Elle vient t’offrir la primeur De ce rayon qui nous caresse.
16 février 1846.