Versos French Théodore Hannon Vierges byzantines

French poem

Vierges byzantines

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Dans son impalpable peignoir De tulle noir Certe elle est plus originale Que virginale.

Son corps de plâtre a des luisants Bien séduisants : Il semble, en le crépon morose, Un éclair rose.

Par essaims jaseurs les baisers Inapaisés S’envolent vers ses chairs ravies, Tièdes d’envies.

Elle est exquise de beautés Et de bontés ; Mais à travers le haut bas soufre Brillent — j’en souffre ! —

Aux yeux tristement éblouis Quelques louis… Pourquoi m’apparaître vénale, L’originale ?

Pourquoi faut-il que l’affligeant Et bête argent Au bout de ta sûre caresse Nous apparaisse ?

Je ne cherche point ton amour Ni ton humour ; Cesse d’alanguir ton échine, Belle machine.

Laisse-moi donc ! je ne veux pas De tes appas Ni de ta bouche trop savante, Et qui s’en vante !

Sans poivre éclate mon menu : Je suis venu Pour voir tes payeurs de champagnes Et tes compagnes,

Pour vos rires, pour vos refrains Gais et sans freins ; Je suis venu pour voir du rouge, Aimable gouge.

Du vert, du bleu, du cramoisi, Du jaune aussi ! Et pour humer les aromates De vos peaux mates,

Pour noter les parfums rôdeurs Des mille odeurs Qui sont l’encens de votre turne Peu taciturne !

— Sur les lambris dûment dorés Et mordorés, En une pétulante tache Le corps détache

Sa silhouette et ses contours Aux vifs atours… Pourtant, obsédante équivoque ! Ce coin m’évoque,

En son monde pâle et pimpant Se découpant Sur des fonds où l’on voit se suivre L’or et le cuivre,

Les vieux chefs-d’œuvre byzantins Où, mes catins, Luisent les Vierges chlorotiques Des bons gothiques !