Versos French Théodore Hannon Xl

French poem

Xl

by

Listen in the reader

P. P. C.

Déjà le colchique d'automne Allume de mauve les prés, Les horizons se font pourprés Sous le ciel bas et monotone.

L'humide Septembre, perclus, S'en va trépasser dans ses brumes Au glas rauque de ses élus, Les noirs catarrhes et les rhumes!

Les nuits fraîchissent... Dans les bois Les arbres, s'en devenant chauves, Pleuvent leurs feuilles bientôt fauves Sur l'été maussade aux abois.

L'aube emperle, chaque matin, La plaine où le lièvre en goguette Boit la rosée, hume le thym, Sans souci du chasseur qui guette!

L'automne en commençant son bail Nous promet de nouvelles fêtes... Le sorbier suspend sur nos têtes Ses pendeloques de corail.

L'hirondelle vers d'autres rives Fuit, cherchant des cieux moins voilés, Et voici revenir les grives Ivres des beaux raisins volés.

C'est aussi la saison des huîtres... Le Train jaune n'opère plus: Monsieur réclame en ses épîtres Madame aux regrets superflus.

Les cabines sont sans mystère: Plus ne sonne l'heure du bain. La plage se fait solitaire Et le crabe est son Chérubin!

Fin de saison!... Rentrent at home Les villégiatureurs frileux Qui s'enfuient, ô soleil fantôme, Soufflant dans leurs pauvres doigts bleus...

Accompagnons-les, ma Musette, Quittons le flot, vraiment amer, Après la suprême risette A ton héroïne, la Mer!