French poem
À une rose
by Tristan Corbière (1845–1875)
Rose, rose-d’amour vannée, Jamais fanée, Le rouge-fin est ta couleur, Ô fausse-fleur !
Feuille où pondent les journalistes Un fait-divers, Papier-Joseph, croquis d’artistes : — Chiffres ou vers —
Cœur de parfum, montant arôme Qui nous embaume… Et ferait même avec succès, Après décès ;
Grise l’amour de ton haleine, Vapeur malsaine, Vent de pastille-du-sérail, Hanté par l’ail !
Ton épingle, épine-postiche, Chaque nuit fiche Le hanneton-d’or, ton amant… Sensitive ouverte, arrosée De fausses-perles de rosée, En diamant !
Chaque jour palpite à la colle De la corolle Un papillon-coquelicot, Pur calicot.
Rose-thé !… — Dans le grog, peut-être ! — Tu dois renaître Jaune, sous le fard du tampon, Rose-pompon !
Vénus-Coton, née en pelote, Un soir-matin, Parmi l’écume… que culotte Le clan rapin !
Rose-mousseuse, sur toi pousse Souvent la mousse De l’Aï..... Du BOCK plus souvent — À 30 Cent.
— Un coup-de-soleil de la rampe ! Qui te retrempe ; Un coup de pouce à ton grand air Sur fil-de-fer !…
Va, gommeuse et gommée, ô rose De couperose, Fleurir les faux-cols et les cœurs, Gilets vainqueurs !