French poem
Amour, mon amour le plus cher
by Tristan Derème (1889–1941)
Amour, mon amour le plus cher, J’ai connu ces aubes cruelles, Veillant encor à l’heure où je voyais blanchir L’aube couleur de plâtre sur les tuiles.
J’en pleurais, mais, têtu, jusqu’au Sommeil je méditais sur le mystère Et quelquefois, vague ivresse un écho Faible me répondait du fond de la nature.
Puis comme un astre éclaterait T’incendiant, nuit coutumière, Muses, j’ai tressailli dans la chair et l’esprit Et j’ai marché dans l’immense lumière.
Car le monde est harmonieux Comme un beau chœur que soutiennent les lyres. Ouvre les yeux, Amour, ouvre les yeux Et danse de plaisir dans l’air que tu respires.
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