French poem
Casino de Paris, Olympia, Folies
by Tristan Derème (1889–1941)
Casino de Paris, Olympia, Folies- Bergère, quels troupeaux d’âpres mélancolies, Chevreaux meurtris, béliers fourbus, dans vos lumières Et vos tumultes, j’ai traînés. Mais les premières Voluptés, leurs langueurs, leurs plaintes immortelles, Ou qu’on croit telles, leurs alarmes, où sont-elles, Et leurs larmes ? Douleurs, dont mes nuits étaient ivres Et qu’aux tonnerres de l’orchestre, au bruit des cuivres Rauques, des sourds banjos, des trompes, aux rafales De clarté, je tentais d’abolir. Triomphales Couronnes, les lauriers, aussi les marguerites, Les dahlias, c’est toi seule qui les mérites Et les roses, Jeunesse aux victoires secrètes Et douces. Mais voici qu’au talus tu t’arrêtes Avec ton blanc troupeau d’illusions qui broute L’herbe rousse, et faut-il au désert de la route, Quand le vent de la vie a soufflé les étoiles, Quand mes yeux qu’enchantait la couleur de tes voiles Ne voient plus que l’horreur de la nature nue, Faut-il que vagabond triste je continue, Sans l’espoir d’une auberge où je puisse descendre, À marcher dans l’ennui, l’amertume et la cendre ?
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