French poem
Girouette, tu peux crier sur les ardoises
by Tristan Derème (1889–1941)
Girouette, tu peux crier sur les ardoises, Grincer comme une dent sur d’acides framboises ! Hiver, tu peux lancer aux vitres tes grêlons Qui bourdonnent comme une averse de frelons, Qu’importe ! Hiver, brandis tes trompettes de cuivre Et déchaîne tes chiens sur la route de givre Et les chevaux des ouragans ! Je m’en bats l’œil ! Je m’en bats l’œil ! Je lis des vers dans mon fauteuil ! Beauté des jours ! Beauté des livres et des lèvres ! À mon coupé, j’attellerai cent douze lièvres. Sous l’azur plus vibrant qu’une aile de perdrix, Et j’irai vers les bois que mon rêve a fleuris !
More by Tristan Derème
- Épître béarnaise
- Et naguère aux midis de résine imprégnés
- Et tu disais : Vous tous qui souffrez d’insomnie
- Fumerai-je au soir de ma vie
- Jardin mouillé, chantons encore ce poème
- Je crayonne ton nom sur la peau d’un tambour
- Je dirai pour l’instruction des biographes
- Je ne veux point gémir ni perdre la pensée