French poem
« Fuis l’éden des anges déchus »
by Victor Hugo
Fuis l’éden des anges déchus ; Ami, prends garde aux belles filles ; Redoute à Paris les fichus, Redoute à Madrid les mantilles.
Tremble pour tes ailes, oiseau, Et pour tes fils, marionnette. Crains un peu l’œil de Calypso, Et crains beaucoup l’œil de Jeannette.
Quand leur tendresse a commencé, Notre servitude est prochaine. Veux-tu savoir leur A B C ? Ami, c’est Amour, Baiser, Chaîne.
Le soleil dore une prison, Un rosier parfume une geôle, Et c’est là, vois-tu, la façon Dont une fille nous enjôle.
Pris, on a sa pensée au vent Et dans l’âme une sombre lyre, Et bien souvent on pleure avant Qu’on ait eu le temps de sourire.
Viens dans les prés, le gai printemps Fait frissonner les vastes chênes, L’herbe rit, les bois sont contents, Chantons ! oh ! les claires fontaines !
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