Versos French Victor Hugo Ii

French poem

Ii

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Nuits, serez-vous pour nous toujours ce que vous êtes? Pour toute vision, aurons-nous sur nos têtes Toujours les mêmes cieux? Dis, larve Aldebaran, réponds, spectre Saturne, Ne verrons-nous jamais sur le masque nocturne S'ouvrir de nouveaux yeux?

Ne verrons-nous jamais briller de nouveaux astres? Et des cintres nouveaux, et de nouveaux pilastres Luire à notre oeil mortel, Dans cette cathédrale aux formidables porches Dont le septentrion éclaire avec sept torches, L'effrayant maître-autel?

A-t-il cessé, le vent qui fit naître ces roses, Sirius, Orion, toi, Vénus, qui reposes Notre oeil dans le péril? Ne verrons-nous jamais sous ces grandes haleines D'autres fleurs de lumière éclore dans les plaines De l'éternel avril?

Savons-nous où le monde en est de son mystère? Qui nous dit, à nous, joncs du marais, vers de terre Dont la bave reluit, A nous qui n'avons pas nous-mêmes notre preuve, Que Dieu ne va pas mettre une tiare neuve Sur le front de la nuit?