Versos French Victor Hugo Iii

French poem

Iii

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Dans les mers il n'est pas rare Que la foudre au lieu de phare Brille dans l'air, Et que sur l'eau qui se dresse Le sloop-fantôme apparaisse Dans un éclair.

Alors tremblez. Car l'eau jappe Quand le vaisseau mort la frappe De l'aviron, Car le bois devient farouche Quand le chasseur spectre embouche Son noir clairon.

Malheur au chasse-marée Qui voit la nef abhorrée! O nuit! terreur! Tout le navire frissonne, Et la cloche, à l'avant, sonne Avec horreur.

C'est le hollandais! la barque Que le doigt flamboyant marque! L'esquif puni! C'est la voile scélérate! C'est le sinistre pirate De l'infini!

Il était hier au pôle Et le voici! Tombe et geôle, Il court sans fin. Judas songe, sans prière, Sur l'avant, et sur l'arrière Rêve Caïn.

Il suffirait, pour qu'une île Croulât dans l'onde infertile, Qu'il y passât; Il fuit dans la nuit damnée, La tempête est enchaînée A ce forçat.

Il change l'onde en hyène, Et que veut-on que devienne Le matelot, Quand, brisant la lame en poudre, L'enfer vomit dans la foudre Ce noir brûlot?

La lugubre goëlette Jette à travers son squelette Un blanc rayon; La lame devient hagarde, L'abîme effaré regarde La vision.

Les rocs qui gardent la terre Disent: Va-t'en, solitaire! Démon, va-t'en! L'homme entend de sa chaumière Aboyer les chiens de pierre Après Satan.

Et les femmes sur la grève Se parlent du vaisseau rêve En frémissant; Il est plein de clameurs vagues; Il traîne avec lui des vagues Pleines de sang.