French poem
« Quand Eschyle au vautour dispute Prométhée »
by Victor Hugo
Quand Eschyle au vautour dispute Prométhée, Quand Juvénal défend Rome aux tigres jetée, Quand Dante ouvre l’enfer aux tyrans qu’il poursuit, Ces hommes sont pareils à l’antique euménide ; Leur face, qu’illumine une lueur livide, Semble un masque d’airain qui parle dans la nuit.
On frémit, tant ils sont terribles ! leurs pensées, Sur leurs crânes profonds sifflantes et dressées, Mordant le crime heureux et les monstres rampants, Font aux poètes saints d’effrayants diadèmes, Et semblent sur ces fronts sévères et suprêmes Des chevelures de serpents.
Serpents mystérieux des Minerves antiques, Ô dragons presque dieux, gorgones prophétiques, Mêlant des cris humains à votre sifflement, Votre anathème était une leçon sublime ; Vous étiez à la fois, pour le peuple et le crime, La sagesse sereine et le noir châtiment.
More by Victor Hugo
- « Puisque mai tout en fleurs dans les prés nous réclame »
- « Puisque nos heures sont remplies »
- « Puisqu’ici-bas toute âme… »
- « Puits de l’Inde ! »
- « Quand le bien et le mal, couple qui nous obsède »
- « Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée »
- « Quand les guignes furent mangées »
- « Quand l’eunuque régnait à côté du césar »