French poem
Vinum divinius
by William Chapman (1850–1917)
À Mme C. P.
La jeune mère, avec son fils, sur le gazon Du parc vient de humer la brise printanière. Le soleil moribond de sa lueur dernière Empourpre vaguement le bord de l’horizon.
À peine le baiser du vent met un frisson Dans les arbres mirant leurs fronts dans la rivière. L’ombre déjà brunit bois, pré, rocher, buisson. C’est l’heure où les petits enfants font leur prière.
Et la jeune femme a mis son Paul à genoux, A joint ses mains, et lui souffle des mots très doux Qu’elle veut comme un vin du ciel lui faire boire.
Et, prêt à recueillir la divine liqueur, L’ange tend, radieux, le vase de son cœur Parfumé comme un lis et pur comme un ciboire.