Versos French Albert Londres Le Crieur

French poem

Le Crieur

by (1884–1932)

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Il s’en moque après tout de crier que les rois Sont guéris ou sont morts ! Et, pourtant, bouche ouverte Par la place grouillante ou la place déserte, Il vomit la nouvelle en des éclats de voix.

Cravate au vent, il court ; et réveille, parfois, Par ses cris gutturaux, tout un quartier inerte. Écho vivant, il sonne aussi bien une alerte, Qu’il lance, très subtil, un calembour de choix.

Puis, autour de minuit, quand la cité tranquille Repose lourdement, le crieur, par la ville, Roulant entre ses doigts un reste de tabac,

Très machinalement, d’une voix éraillée, Se prend, lorsqu’il s’en va regagner son grabat, À répéter son cri de toute la veillée.