Versos French Albert Mérat Au jardin d’acclimatation

French poem

Au jardin d’acclimatation

by (1840–1909)

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Sur un ton grave, mat et sec Les cigognes claquent du bec ; Paroles indéterminées ! Elles paraissent par moment De leur œil fixe vaguement Chercher les hautes cheminées,

Les toits dentés en escaliers, Se dressant, bons et familiers, Et d’une laideur sans vergogne, Là-bas où le gîte est permis, Sur la maison de leurs amis, Maison aussi de la cigogne ;

Et dans un fantôme de vol, Elles sautent tout près du sol, Les ailes lourdes et cassées : Ou bien, sans entendre et sans voir, Sur une patte jusqu’au soir, Elles méditent des pensées.

Hélas ! on n’acclimate ainsi Rien que la peine et le souci ; C’est l’espace qu’il faut aux ailes ! Ô prévoyance, ô cruauté, Qui tiens ici, loin de l’été, Les cigognes et les gazelles