Versos French Albert Mérat La fête des Rois

French poem

La fête des Rois

by (1840–1909)

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Les Rois Mages et les bergers Viennent des pays étrangers Voir un berceau dans une crèche, Et le couvrir de fins tissus, Car le petit enfant Jésus Aurait bien froid dans la nuit fraîche.

Ils ont marché pendant trois jours : Une étoile d’un grand secours Va devant eux pour leur apprendre Où porter la myrrhe et l’encens ; Mais le plus beau de leurs présents, C’est leur âme naïve et tendre.

— Il reste de ce souvenir Une coutume de tenir Logis ouvert et table prête, Le jour des Rois, pour qu’un ami, Réveillant son cœur endormi, Frappe à votre porte et s’arrête.

Tables de chêne ou de noyer Se valent auprès du foyer, Pourvu qu’un peu de flamme brille, Et que les pères, triomphants Dans la grâce de leurs enfants, Comptent autour d’eux la famille.

D’un geste lent et préparé On coupe le gâteau doré. Le hasard seul donne la fève, Ou l’on triche ; alors c’est plus gai, Et chacun a l’air intrigué, Ou d’être le jouet d’un rêve.

Le sort a parlé. « Le roi boit ! » Il choisit sa reine du droit De sa préséance éphémère : Une petite fille, ou bien La cousine qui ne dit rien, Ou l’aïeule grave ou la mère.

L’étoile blanche s’envola... Voici très longtemps de cela. Des choses se sont accomplies, Plus sûres peut-être. Le mieux Est d’avoir un esprit pieux Quand les légendes sont jolies.