Versos French Albert Mérat Les fleurs de Paris

French poem

Les fleurs de Paris

by (1840–1909)

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Pour faire tous les cœurs contents Avril revient. C’est le printemps Qui pleure, qui rit et barbotte, Et qui, chargé de falbalas, Nous offre ses premiers lilas : « Fleurissez-vous ! deux sous la botte ! »

Puis, comme un rêve parfumé, Les petites roses de mai, Et les dernières violettes, Avec les frais muguets des bois, Pareils à des chapeaux chinois Qui feraient trembler leurs clochettes ;

Les seringas et les œillets, Points rouges, blancs et violets, Fleurs en boutons et fleurs écloses, Les bluets comme dans les blés, Et les coquelicots mêlés Aux résédas parmi les roses...

Car les jardins, les bois, les champs, Qui connaissent bien nos penchants, Ayant des fleurs, nous les envoient. Ils en gardent toujours assez. Nous marchons à pas trop pressés ; Il est bon que nos yeux les voient.

Que le pavé soit sec ou gras, Jonchant les charrettes à bras, Déjà souffrantes et pâlies, Elles embaument, voulant bien Ne rien coûter ou presque rien, Bien que nous les trouvions jolies.

Frêles, elles mourront demain Dans l’eau d’un vase, ou dans la main Distraite et blanche d’une femme, Et, bienfaisantes pour chacun, En rendant un dernier parfum, Elles exhaleront leur âme.