French poem
Les maisons basses
by Albert Mérat (1840–1909)
Dans les ruelles des faubourgs, Étroites, humides et grasses, Vous savez, aux premiers beaux jours, La tristesse des maisons basses.
Pauvres logis ! Sous le ciel clair Leur mine semble plus chétive. Les fenêtres ne donnent d’air Que juste assez pour qu’on y vive.
Sous un mauvais bout de rideau Les vitres de verre bleuâtre Ont des taches de gouttes d’eau : On ne voit pas de feu dans l’âtre.
On ne voit là que pauvreté, Que ce qui souffre, louche ou boîte ; La table en bois mal raboté Étroite pour la vie étroite ;
Le fourneau de fonte, les crins D’une chaise éraillée et dure, Un lit, une cage à serins Et du linge pour la couture.
Rien de ce qui sourit un peu Ni dont le doux loisir s’égaie. — Pourtant le ciel est déjà bleu Et l’épine blanchit la haie.
Mais ici ne vient pas l’été. Le soleil fuit les toits moroses, Les jeunes femmes sans beauté Et les enfants sans bouches roses !