Versos French Albert Samain 16

French poem

16

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Mère, femme et poète, et l’on peut s’étonner Que pleurent dans ses vers tant de subtiles peines, La plainte et le regret, le droit de pardonner, Les devoirs familiers parmi les heures vaines,

L’inquiétude au fond de ton cœur éprouvé, Comme une eau qui s’agite et remonte aux paupières, Car ton destin errant sans cesse fut gravé, Marceline au doux nom, sur les plus dures pierres.

Ici, près de ta mère, il me semble te voir, Et tenant à son cœur de si vive tendresse, Que, bien des ans passés, tu sus nous émouvoir De cet amour l’enveloppant de sa caresse,

De la vie humble en un foyer de pauvreté, Mais où déjà l’enfant qui serait un poète Rien qu’en aspirant l’air mouvant d’un jour d’été, Ouvrait sa petite âme à souffrir toute prête.

Et tu chantas d’abord un oiseau prisonnier Dans le décor, dans l’or fleuri des girandoles, Et d’accents si vibrants, que bientôt le dernier Se brisa sur ta lèvre en amères paroles.

Plus de chants ! Mais en toi, comme au col gémissant De la colombe en proie à sa plainte éperdue Se gonflaient les regrets, les soupirs à l’absent, Tu mourais, sans le rythme en qui te fut rendue

La voix, l’expansion des maux soufferts, criés Ou murmurés parfois à qui sait les entendre, Muse au Calvaire, Madeleine aux doigts liés Sur une lyre, Femme en pleurs et Mère tendre !