French poem
20
Desbordes, Muse de la Flandre, Tout le pays, en ce moment, Encense, heureux, ton cœur si tendre, Au pied de ce beau monument.
Artistes, lettrés et poètes, Sont venus exprès de Paris, Pour s’associer à nos fêtes Et rendre hommage à tes écrits.
Ta cité justement est fière Du succès d’un de ses enfants Dont, par malheur, la vie entière Compta maints soupirs étouffants.
Mais, certe, ici, ce n’est point l’heure D’évoquer un tel souvenir ; Ton triomphe n’est plus un leurre : Gloire à toi jusqu’en l’avenir !
Ton nom, par sa douce magie, Passant à la postérité, Reine aimable de l’élégie, T’assure l’immortalité.
Si, parmi tant de voix sublimes, J’ose faire entendre à mon tour Quelques malencontreuses rimes, C’est que je tiens — en ce grand jour —
À remercier Marceline Qui, dès que je pus bégayer, M’enseigna sa langue divine Avec son gentil Écolier.
Ô Douaisienne, ô mère, ô femme ! Reçois donc cet humble tribut, Composé des fleurs de mon âme ; Ne le jette pas au rebut.
Et que j’ajoute un mot encore Qui sera le plus attrayant… Répétons tous : Vive Valmore ! Répétons tous : Vive Gayant !