French poem
La tombe d’une jeune Fille
by Amable Tastu (1795–1885)
Qui n’a dit, en baissant une humide paupière Vers un jeune et doux nom gravé sur quelque pierre : « Heureux ceux qu’au tombeau leurs mères ont pleurés ! » Ceux qui du faix mortel, dès l’aube délivrés, » Abandonnent leur âme aux brises éternelles » Comme le cygne au vent la plume de ses ailes ! » Mais près du monument, s’il arrive, le soir, Qu’une femme, en pleurant, vienne à pas lents s’asseoir, Nous demeurons muets à ce double mystère : Une tombe d’enfant, un désespoir de mère ! Qu’est-ce donc quand la mort lui lègue en souvenir Un passé déjà long et tout un avenir ! Pour ce deuil maternel quel langage assez tendre ? Quel tribut assez pur pour cette jeune cendre ? Un soupir sympathique, un regard vers les cieux, Quelques débris de fleurs sur le marbre pieux, Le fugitif éclat d’une larme qui tombe, Et tremble suspendue au gazon de la tombe.