Versos French Amable Tastu Le Christ au tombeau

French poem

Le Christ au tombeau

by (1795–1885)

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chœur des anges. Seigneur, Seigneur ! se peut-il que l’on meure ? Quittez enfin cette étroite demeure, Venez à nous ! Christ, Fils de Dieu, né du sein d’une femme, Qu’attend le ciel, que la terre réclame, Réveillez-vous !

l’ange de la passion. Le Christ est au tombeau ! je l’ai vu ! du saint voile Une invisible main a déchiré la toile ; Une nuit lamentable a couvert Golgotha ; Les morts ont secoué leur vêtement de pierre, Et tout ce jour, de peur de souiller sa lumière, Le soleil s’arrêta !

J’ai moi-même à ce Juste apporté le calice ; J’ai suivi tous ses pas de supplice en supplice ; J’ai vu son front en sang et sa chair en lambeau. L’immuable justice, en son arrêt sévère, N’a dû, vous le saviez, s’apaiser qu’au Calvaire : Le Christ est au tombeau ! chœur des anges.  Seigneur, Seigneur ! se peut-il que l’on meure ?  Quittez enfin cette étroite demeure, Venez à nous ! Christ, Fils de Dieu, né du sein d’une femme, Qu’attend le ciel, que la terre réclame, Réveillez-vous !

l’ange de la passion. Marthe ! de tes travaux où sera le salaire ? À quel maître, ô Marie ! es-tu sûre de plaire ? Lazarre ! si tu meurs, qui te rendra le jour ? Quel divin protecteur, fragile pécheresse, À tes pleurs indulgent, couvrira ta faiblesse De son sublime amour !

Sous quelle main, hélas ! de leur bercail chassées, Viendront se réunir les brebis dispersées ? Le pasteur immolé, que devient le troupeau ? Qui, de l’âme et du corps, guérira la souffrance ? Qui parlera de foi, d’amour et d’espérance ?… Le Christ est au tombeau !

chœur des anges.  Seigneur, Seigneur ! se peut-il que l’on meure ?  Quittez enfin cette étroite demeure, Venez à nous !  Christ, Fils de Dieu, né du sein d’une femme,  Qu’attend le ciel, que la terre réclame, Réveillez-vous !

l’ange de la passion. Je pleure, ô Tout-Puissant, d’être l’un de vos anges ! L’homme ne comprend point ces tristesses étranges, Votre Christ, est-il dit, renaîtra dans trois jours ; Mais, pour un de ces jours où vous créez les mondes, Sait-il, Seigneur, combien il faut de ces secondes, Qu’il appelle : Toujours ?

Quel feu va succéder au feu de l’auréole ? Quelle loi, remplacer la sainte parabole ? Le monde est-il laissé sans guide et sans flambeau ? Sur l’abîme grondant, l’homme tournoie et flotte ; Le port demande un phare, et la nef un pilote ! Le Christ est au tombeau !

chœur des anges.  Seigneur, Seigneur ! se peut-il que l’on meure ?  Quittez enfin cette étroite demeure, Venez à nous !  Christ, Fils de Dieu, né du sein d’une femme,  Qu’attend le ciel, que la terre réclame, Réveillez-vous !…