French poem
Élégie italienne. Ô belle (son nom)
Il n’aime que l’amour : l’amour et les beaux-arts. D’Apelle et de Zeuxis les suaves pinceaux. Raphaël et David, sur leurs toiles savantes. Offrent à ses désirs vingt maîtresses vivantes. D’un flanc voluptueux l’agilité mobile. Elle avance, elle hésite, elle traîne ses pas, Grande, blanche. Sa tête, aux attraits délicats. Est penchée. Elle rit ; mais à demi troublée, D’un léger vêtement couverte et non voilée. Le Gange a filé l’or qui de ses noirs cheveux Dans un réseau de soie emprisonne les nœuds. Golconde, à pleines mains, sur sa riche ceinture À jeté le rubis et l’émeraude pure ; Cercle étroit et facile où ses flancs sont pressés, Dans leur souplesse molle avec grâce élancés. Le diamant en feu, lumineuse merveille, Presse son doigt de rose et pend à son oreille. Son beau sein, éclatant de jeunesse et d’amour. Et s’élève et repousse un précieux contour De perles dont Ceylan voit son onde si vaine, Et de perles encor serpente une autre chaîne Sur ses bras nus, divins, dont les yeux sont charmés. Qu’avec un soin d’amour la nature a formés. Assise auprès de lui, ses yeux pleins de son âme Nagent dans les langueurs d’une amoureuse flamme. Et sa voix sur un luth, voluptueux accents, Lui soupire en chanson la langue des Persans. Et l’amour n’a point mis aux genoux d’une belle D’esclave plus soumis, ni d’amant plus fidèle.