French poem
Mémoires de Mme d’Épinay
Ma fille. Dieu vous garde et vous veuille bénir ! Si je vous veux du mal, qu’il me puisse advenir !… À propos, savez-vous, on dit qu’on vous marie. Je sais bien votre cas : un homme grand, adroit. Riche. . . . . .. . . . . . Il vous aime si fort ! Aussi pourquoi, ma fille, Ne vous aimerait-il ? Vous êtes si gentille, Si mignonne et si belle, et d’un regard si doux, Que la beauté plus grande est laide auprès de vous, Mais tout ne répond pas au trait de ce visage Plus vermeil qu’une rose et plus beau qu’un rivage. Vous devriez, étant belle, avoir de beaux habits ; Éclater de satin, de perles, de rubis… Ma foi ! les beaux habits servent bien à la mine. On a beau s’agencer et faire les doux yeux. Quand on est bien parée, on en est toujours mieux. Mais, sans avoir du bien, que sert la renommée ?