French poem
Reliques
by André de Guerne (1853–1912)
J’ai clos mes jours en la demeure Que ceint l’eau morte d’un fossé, Et je n’écoute suinter l’heure Qu’à la clepsydre du passé.
Dans un parc, où penchent les marbres, Se dénudent au vent du soir Toutes les branches des vieux arbres Et tous les rameaux de l’espoir.
L’aile brisée, un Amour triste Me montre de son doigt fatal Une devise qui persiste Dans les lichens du piédestal.
Je retrouve encor sur la pierre Un bouquet dont se rompt le fil, Brins de lavande et de bruyère, Restes fanés de notre avril.
Et de mes yeux mélancoliques, Pensif, je regarde jaunir La poussière de mes reliques Sur les cyprès du souvenir.