French poem
L’Enfant de la veuve
by André Van Hasselt (1806–1874)
L’enfant criait (angoisse amère !) : « Oh ! j’ai si faim. Du pain, ma mère ! »
— Avec tes cris, ô mon enfant, Tu me déchires les entrailles. Nous allons faire les semailles Demain dès le soleil levant. —
L’enfant criait (angoisse amère !) : « Oh ! j’ai si faim. Du pain, ma mère ! »
— Enfant, Dieu bénit nos sillons. Comme le blé lève et prospère ! L’été viendra tantôt, j’espère, Pour le dorer de ses rayons. —
L’enfant criait (angoisse amère !) : « Oh ! j’ai si faim. Du pain, ma mère ! »
— Trêve à ces cris, mon beau garçon. Vois, les bluets d’azur fleurissent. Déjà les blonds épis mûrissent. Nous allons faire la moisson. —
L’enfant criait (angoisse amère !) : « Oh ! j’ai si faim. Du pain, ma mère ! »
— Encore un seul, un seul instant Écoute, écoute, mon cher ange. On bat les gerbes dans la grange. Notre blé le meunier l’attend. —
L’enfant criait (angoisse amère !) : « Oh ! j’ai si faim. Du pain, ma mère ! »
— Encore un seul, un seul moment. N’entends-tu pas le four bruire ? Il chauffe, et nous allons y cuire Un petit pain de pur froment. —
L’enfant criait (angoisse amère !) : « Oh ! j’ai si faim. Du pain, ma mère ! »
— Hélas ! trésor si doux, si cher, Je rêvais donc ? J’étais donc folle ? Car pas de pain, pas une obole… Enfant, veux-tu manger ma chair ? —
Et le petit (angoisse amère !) Ne criait plus. — Ô pauvre mère !